Contexte socio-politique

Sceau de la Mauritanie

Organisation étatique :

La Mauritanie est une République islamique où l’Islam est la religion d’Etat.

Autorités étatiques : Président de la République : Mohamed Ould Abdel Aziz

                                 Premier Ministre, Moulaye Ould Mohamed Laghdhaf

Divisions administratives: 12 régions (dites « wilayas ») et une capitale de district (Nouakchott)

Système juridique : La Charia (droit issu des enseignements de l’Islam) est couplée aux héritages du droit français, notamment pour ce qui est du droit public, du droit constitutionnel et du droit administratif.

La Mauritanie est membre de l’Union du Maghreb Arabe, de la Ligue Arabe, de l’Organisation de l’Unité Africaine et de l’Organisation Internationale de la Francophonie.

Economie :

Monnaie : Ouguiya (MRO)

PIB en 2010, 6.8 milliards de dollars (estimation)

PIB moyen par habitant, 2100 dollars par an

Taux de chômage : environ 30 %

Part de la population vivant sous le seuil de pauvreté : environ 40 %

Importance des différents secteurs d’activité dans le PIB:

Secteur primaire : 19 % du PIB

Secteur secondaire : 30 % du PIB

Secteur tertiaire : 51 % du PIB

Plus de 50 % de la population active travaille dans le secteur agricole et l’élevage. La pêche est une activité importante pour l’économie des populations côtières.

Le fer est la principale ressource minière et des gisements d’or existent également. L’extraction du pétrole est devenue une nouvelle source de richesse ces dernières années.

Religions :

L’Islam sunnite est la religion pratiquée par plus de 99 % de la population. L’Islam majoritairement pratiqué est issu de la tradition malékite. L’Islam est la religion de l’Etat mauritanien.

Une petite minorité catholique dispose de lieux de cultes, notamment à Nouakchott et Nouadhibou, et les autres minorités religieuses sont très peu représentées.

Langues :

L’arabe est la seule langue officielle (inscrite dans la Constitution de 1991).

Cependant,  de nombreuses langues sont pratiquées, dont le Hassanya (arabe dialectal local), le Français, mais aussi le Zénaga (langue berbère), le Tamasheq (langue des touaregs), le Wolof, le Soninké, le  Bambara, et le Peul (Pulaar.)

Histoire :

La présence humaine en Mauritanie est certifiée dès la préhistoire, plus précisément dès le paléolithique inférieur (il y a 2,5 à 3 millions d’années). Il  semble que le climat et la topographie de la Mauritanie ne coïncidaient pas avec la situation actuelle, mais qu’il s’agissait d’une région humide, avec de nombreux cours d’eau.

La première organisation sociétale d’envergure fut l’Empire du Ghana, qui fut fondé avant le premier millénaire de notre ère, et qui était peuplé par des populations noires. Cet Empire s’étendait sur l’est de la Mauritanie actuelle et la majeure partie du Mali actuel (et non pas sur le territoire contemporain du Ghana). A cette même époque, des tribus berbères Sanhadja fondèrent le mouvement religieux musulman de rite malékite almoravide et un Empire rival de celui du Ghana qui dominera ce dernier dès le XIème siècle. Puis, dès le XIIème siècle, la Mauritanie fut partagée entre l’Empire du Mali et l’Empire Songhaï.

Au XVème siècle, des tribus arabes dites Hassanes venues d’Afrique du nord-est vont peu à peu s’imposer dans la région, répandant la pratique de la langue arabe, influençant la structure sociale et la composition ethnique de la Mauritanie et formant plusieurs Emirats qui se succéderont jusqu’à l’arrivé du colonisateur français au début du XXème siècle.

Dès 1920, la Mauritanie est décrétée colonie française de l’Afrique Occidentale Française, mais la colonisation n’entraînera pratiquement aucun développement du pays, la Mauritanie n’étant qu’un atout géostratégique dans la lutte coloniale entre les Etats européens.

L’indépendance sera proclamée le 28 novembre 1960. Le premier Président de la Mauritanie, Mokhtar Ould Daddah, dût faire face aux divergences ethniques que connaissait la jeune république ainsi qu’aux conséquences de la partition du Sahara Occidental et des incursions du Front Polisario. Il mit peu à peu en place un régime autoritaire de parti unique et fut déposé en 1978 par des militaires mauritaniens, ces officiers se disputant le pouvoir jusqu’en 1984.

L’un d’eux, le colonel Maaouiya Ould Sid’Ahmed Taya, accéda au pouvoir par un coup d’Etat le 12 décembre 1984. Il proclame une nouvelle constitution en 1991 ainsi que le multipartisme, est élu Président en 1992 puis en 1997, mais impose un régime autoritaire restrictif des libertés fondamentales et devient de plus en plus contesté.

Le 3 août 2005, alors que le Président Ould Taya est en voyage en Arabie Saoudite pour les obsèques du roi Fahd, il est déposé par une junte militaire menée par le colonel Ely Ould Mohamed Vall. Celle-ci se donne pour objectif d’organiser des élections démocratiques qui eurent lieu en mars 2007. L’élection de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, premier civil à diriger le pays depuis plus de trente ans, laisse envisager un espoir de renouveau démocratique du pays, mais la crise financière, la baisse du pouvoir d’achat et l’insécurité croissante dans le pays créent cependant une situation d’instabilité et de mécontentement populaire.

Le 6 août 2008, un coup d’Etat militaire dépose le Président démocratiquement élu et son gouvernement, et le général Mohamed Ould Abdel Aziz devient le nouvel homme fort du pays. Il dirige toujours le pays actuellement, ayant été élu Président de la République en juillet 2009.

La présence d’AQMI (Al Qaïda au Maghreb Islamique) dans l’est de la Mauritanie fait peser sur le pays une menace grandissante, comme sur une grande partie du Sahel, notamment au Mali, au Niger et au sud de l’Algérie. AQMI est issue du mouvement terroriste islamiste algérien « Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat », et a fait allégeance en 2007 à Oussama Ben Laden. De nombreux affrontements ont eu lieu ces dernières années entre le groupe fondamentaliste et les forces armées des pays de la région. La France s’est associée à certaines de ces opérations militaires.  AQMI est responsable de plusieurs attentats et d’enlèvements de ressortissants occidentaux, notamment l’humanitaire Michel Germaneau ou les deux jeunes français Antoine de Léocour et  Vincent Delory.