Actions d’AFCF

Les activités d’AFCF

L’équipe de coordination du programme FAM au sein d’AFCF a été constituée au cours du mois de septembre 2010 et se compose d’une coordinatrice, d’un comptable à mi-temps et d’une secrétaire permanente. AFCF s’est ensuite chargée d’équiper le local destiné à accueillir l’équipe de coordination du programme : celui-ci est situé dans le « Centre de formation pour les droits humains et le leadership féminin » de l’association.

AFCF  a préparé la présentation du programme à la presse et aux représentants de la société civile (14 novembre 2010) en rédigeant un  communiqué de presse qui a été validé par tous les partenaires, en commandant les banderoles et en diffusant les invitations aux journalistes et invités.

AFCF s’est également fortement investie dans la préparation et la réalisation de la journée officielle de « lancement » du programme FAM qui s’est déroulée le 1er février à Nouakchott et dont elle avait la responsabilité principale.

Courant décembre 2010, la coordinatrice du programme a procédé à l’élaboration des termes de référence pour le recrutement des consultants devant assurer la formation en techniques de plaidoyer et de communication au profit d’organisations de la société civile à Nouakchott et à Kaédi. Ces termes de références ont été rendus publics le 20 décembre 2010 par mails et affichage dans les locaux d’AFCF. Parallèlement à la sélection des consultants, il a été procédé à la détermination des critères pour le choix des participants aux ateliers. Trois critères essentiels ont été retenus : l’association invitée devait être engagée dans la défense des droits des femmes, dynamique sur la scène nationale et représentée par un membre pouvant l’engager (de préférence les présidents ou présidentes de ces associations).

Ces deux ateliers de formation organisés par AFCF dans le cadre du programme étaient l’une de composantes de l’axe de développement opérationnel et stratégique des associations locales de défense des droits humains en matière de mobilisation sur les droits des femmes prévu dans le cadre du programme FAM. Le premier atelier s’est tenu du 10 au 14 janvier 2011, à Nouakchott, sur le thème du « renforcement des capacités des associations locales de défense des droits humains en matière de mobilisation sur les droits des femmes ». Le second a eu lieu du 17 au 21 janvier 2011, à Kaédi, sur les « techniques de plaidoyer et de communication »,

L’atelier à Nouakchott a été animé par M. Tijani Ould Mohamed El Kerim, formateur et directeur de l’IMAM (Institut Mauritanien pour l’Accès à la Modernité). Il a réuni 32 participants dont 30 femmes (1 présidente de réseau, 12 présidentes d’associations, 1 directrice d’un centre de formation et 18 membres actifs d’associations). Il s’est déroulé sur 5 jours pendant lesquels ont été abordés les thèmes suivants : historique et textes fondamentaux des droits humains ; textes, institutions et stratégie officielle en matière de genre ; les communautés et les questions essentielles (conflits, violations des droits, médiation, arbitrage, actions sociales) ; les actions de lobbying ; la mise sur pied de coalitions et de  groupes de pression ; les techniques d’organisation ; le plaidoyer (formes, objectifs, contenu) ; les techniques de communication ; l’utilisation des  médias et des  réseaux sociaux.

La méthodologie utilisée par le formateur était délibérément participative et visait à impliquer personnellement les participants pour ancrer leurs apprentissages. AFCF a considéré que les objectifs assignés à cette formation ont été globalement atteints et que les participants ont acquis des connaissances et compétences sur les droits humains qui leur permettront de renforcer les capacités des organisations auxquelles ils appartiennent. A l’issue de la formation, les participants ont exprimé des souhaits spécifiques : créer des réseaux pour accroître leurs capacités d’intervention, adapter les actions futures de plaidoyer aux questions urgentes, notamment celle de la réforme du Code de statut personnel en tentant d’obtenir un statut comparable à celui des femmes marocaines, et organiser d’autres ateliers dans l’avenir.

L’atelier à Kaédi a été animé par M. Malal Samba Guissé, consultant en développement communautaire. Cette formation a réuni 23 participants, membres d’organisations de la société civile, pendant 5 jours. L’objectif de cet atelier était de renforcer les capacités des membres des différentes organisations participantes en les formant sur les notions suivantes : définitions et objectifs de plaidoyer, techniques utilisées en matière de plaidoyer, processus de planification d’une intervention de plaidoyer et techniques de communication pour une meilleure prise en charge d’une action de plaidoyer.

La méthodologie utilisée par le consultant a été également fortement participative. Les exposés théoriques étaient suivis de nombreux exercices, travaux de groupe, jeux de rôle et cas pratiques qui ont suscité des débats entre les participants. Ces « mises en situation » leur ont permis d’utiliser les notions de plaidoyer qu’ils venaient d’acquérir et d’exprimer leurs propres points de vue. Les participants ont notamment été amenés à réfléchir au développement d’une stratégie de plaidoyer sur une problématique qu’ils avaient choisie. AFCF se dit très satisfaite du déroulement de cette formation et estime qu’elle a donné aux participants des connaissances et compétences pertinentes pour leur permettre de mettre en œuvre des actions, à savoir : être préparés et outillés pour mener à bien des activités de plaidoyer, savoir comment interpeller les autorités pour aboutir à une meilleure orientation politique en matière de changement au bénéfice de la population mauritanienne, mener une réflexion et harmoniser les points de vue sur le concept de plaidoyer dans le cadre du mouvement associatif, éviter la dispersion des idées et des efforts en privilégiant une bonne organisation des actions, savoir saisir les opportunités dans le contexte sociopolitique prévalant dans le pays.

AFCF s’est également investie dans plusieurs actions de diffusion d’information sur les objectifs du programme FAM en mettant à profit différents évènements auxquels l’association a participé au cours de la période couverte par le présent rapport. AFCF a notamment été présente lors du Forum Social Mondial qui s’est tenu à Dakar au Sénégal en février 2011. L’association a participé à divers panels, notamment celui traitant des questions relatives aux femmes qui a été pour elle l’occasion de  distribuer  les documents de communication conçus dans le cadre du programme FAM et d’exposer ses objectifs.

A l’occasion de la célébration de la Journée de la Femme (8 mars), AFCF a organisé, en partenariat avec la délégation de l’Union européenne à Nouakchott, un « vernissage » des productions artisanales de l’Union des Coopératives El Wifagh (réseau de 55 coopératives féminines), de l’association « Top artisanat » et du « Collectif des Veuves ». Cet événement, qui a rencontré un vif succès, a vu une forte participation du corps diplomatique, d’ONG internationales et de représentants de l’administration mauritanienne, notamment celle du Président de la Communauté Urbaine de Nouakchott. A travers ce vernissage, les coopératives de femmes représentées ont pu bénéficier d’un espace de visibilité et présenter les problèmes auxquels elles sont confrontées dans leur quotidien.

AFCF a également participé, du 15 au 18 avril 2011, à la réunion du Conseil de la Coordination Maghrébine des Droits humains à Rabat, au Maroc, ce qui lui a notamment permis de rencontrer d’autres associations des pays du Maghreb pour échanger sur leurs expériences, pratiques et stratégies en matière de défense des droits des femmes

AFCF s’est également attelée à la rédaction de l’avant-projet de loi sur les violences faites aux femmes prévu dans le cadre du programme FAM. La proposition d’AFCF doit être prochainement présentée et discutées avec les autres associations mauritaniennes qui travaillent sur la question et sont en lien avec la délégation de l’Union européenne à Nouakchott.

Au cours du mois de mai 2011, AFCF a organisé trois débats au sein de la société civile , à Nouakchott, Nouadhibou et Kaédi, sur l’application des lois et conventions adoptés par la Mauritanie concernant les femmes. Les débats étaient ouverts aux membres d’organisations de la société civile, aux professionnels de la justice, et aux représentants d’institutions. Pour animer les débats, l’équipe d’AFCF a choisi de faire appel à M. Isselmou Ould Abdel Khader, consultant indépendant spécialisé en Droit.

Le débat de Nouakchott s’est tenu le 12 mai 2011, et a réuni 25 participants, dont 20 femmes : 5 président(e)s d’associations s’efforçant de défendre et promouvoir les droits des femmes, 13 membres d’organisations de défense des droits humains, une directrice d’un centre d’écoute et d’accompagnement des femmes victimes de violence, 3 avocats, un conseiller de la Commission Nationale des Droits de l’Homme, une députée et une sénatrice.

Le débat à Nouadhibou a eu lieu le 14 mai 2011, et a rassemblé 25 personnes, dont 10 femmes : 7 présidents de réseaux de la société civile au niveau local, 4  présidents d’ONG de Nouadhibou, des coordinateurs régionaux d’associations de défense des droits de l’Homme, un représentant d’un syndicat, un avocat, des militants de la société civile, et la coordinatrice régionale du Ministère des Affaires Sociales, de l’Enfance et de la Famille (MASEF).

Le débat de Kaédi, le 21 mai 2011, a réuni 27 participants, dont 8 femmes : des militants des droits de l’Homme, 4 présidents d’associations, des syndicalistes, des présidents de réseaux d’ONG, le responsable local du MASEF, un avocat, et un greffier d’instruction.

Ces débats ont principalement porté sur le thème du positionnement de la Mauritanie par rapport aux principes consacrés par la Convention sur l’Elimination de toutes les formes de Discrimination à l’Egard des Femmes (CEDEF). La Mauritanie a ratifié cette Convention mais a émis des réserves, et n’a pas ratifié le protocole additionnel à la CEDEF permettant aux femmes victimes de discrimination de porter plainte auprès du Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des Femmes. Les débats ont abordé la question des enjeux de la levée de ces réserves et de la ratification du protocole additionnel, et de l’application des lois et conventions adoptées par la Mauritanie concernant les femmes.

Les participants ont échangé sur les obstacles majeurs au respect des droits des femmes en Mauritanie, notamment l’insuffisance de la législation pour les protéger, le manque d’indépendance économique des femmes et leur difficulté à accéder au crédit et à la propriété foncière, ou l’utilisation de l’argument religieux par les autorités pour justifier les discriminations qui subsistent dans la législation.

Différentes solutions pour améliorer la situation des femmes mauritaniennes ont été envisagées, telles que la mise en place d’un débat national impliquant toutes les composantes ethniques et toutes les couches sociales, ainsi que l’administration et les décideurs politiques. Les participants ont également mis l’accent sur l’importance de renforcer la synergie des associations féminines par la mise en place de réseaux, de dialoguer avec les responsables religieux, et de mener des actions de sensibilisation aux droits des femmes au niveau local, dans les différentes langues parlées dans le pays, par exemple via les médias locaux.

Ces débats ont bénéficié d’une ample couverture médiatique, par les médias locaux et nationaux (presse écrite, radios, et la deuxième chaîne de télévision nationale dans le cas du débat de Nouakchott), ce qui a permis au grand public d’être informé sur le programme, et d’être sensibilisé aux principales dispositions contenues dans les textes internationaux relatifs aux droits des femmes et aux enjeux de la levée des réserves émises par la Mauritanie sur la CEDEF.

AFCF a également organisé trois campagnes d’opinion à Nouakchott, Nouadhibou et Kaédi en septembre 2011, dans le but de sensibiliser le grand public sur les violences faites aux femmes. Les principaux thèmes abordés au cours de ces campagnes de sensibilisation ont été : les mariages précoces ou forcés, la prostitution, l’esclavage, les mutilations  génitales féminines, le gavage, les entraves à l’accès à la terre et au crédit.

Pour ces campagnes d’opinion, AFCF a élaboré une dizaine de visuelspédagogiques, illustrant de façon très imagée des situations concrètes de violations des droits des femmes. Ces images, légendées en français et en arabe, ont été tirées en 375 exemplaires et affichées dans les lieux stratégiques lors des campagnes dans les trois villes : mairies, marchés, wilayas, hôpitaux, établissements scolaires, le long des grandes avenues et sur les places importantes.

L’équipe d’AFCF a également organisé des séances de sensibilisation dans les lieux les plus fréquentés des trois villes, au cours desquelles les animatrices ont informé les passants sur les droits des femmes et sur les lois et conventions les protégeant, et ont répondu aux commentaires et questions que suscitait leur intervention.

Dans le cadre de ces campagnes, une émission de radio sur les droits des femmes a été diffusée le 27 septembre 2011, en pulaar et hassanya.

Deux formations pour les organisations de la société civile sur les techniques de plaidoyer ont été réalisées en novembre et décembre 2011à Kiffa et à Nouadhibou. Leur animation a été confiée à M. Malal Samba Guissé, consultant en développement communautaire.

La formation a Kiffa a eu lieu du 29 novembre au 3 décembre 2011. La session de formation s’est tenue à l’Hôtel de Ville de Kiffa. La formation était prévue à l’origine pour 25 personnes. Devant le succès rencontré par la proposition, AFCF a décidé d’augmenter le nombre des participants à 29 personnes. Ce public de 29 participants – dont 19 femmes et 10 hommes – était composé de 18 représentants d’organisations de la société civile, 10 représentants des réseaux associatifs et un représentant du Ministère des Affaires Sociales de l’Enfance et de la Famille (MASEF). Les médias ont couvert l’évènement (présence de 4 représentants de la presse écrite et d’un reporter de la radio régionale). Le maire de Kiffa a prononcé un discours en ouverture de la session dans lequel il a insisté sur l’importance du rôle de la femme mauritanienne dans une société en pleine mutation.

La formation à Nouadhibou  a eu lieu du 5 au 9 décembre 2011 au « Centre espagnol de formation ». La formation était prévue à l’origine pour 25 personnes et en a finalement rassemblé 27, dont 8 hommes et 19 femmes, parmi lesquels 10 présidentes d’organisations de la société civile, 4 représentants des réseaux associatifs, 12 représentants d’associations et un représentant du Ministère des Affaires Sociales de l’Enfance et de la Famille (MASEF). Trois journalistes de la presse écrite ont couvert l’évènement. La coordinatrice du projet FAM au sein d’AFCF, Mme Salimata Sy, a animé une émission sur la thématique du droit des femmes, en langue pulaar, sur la chaine régionale de Radio Mauritanie à Nouadhibou, le 7 décembre 2011 en soirée.

AFCF a également réalisé un atelier pour les organisations de la société civile sur la mise en place d’une stratégie de plaidoyer à Nouakchott, du 26 au 28 juin. Prévue initialement pour être réalisée au mois de janvier 2012, cette activité a été reportée au mois de juin ce qui a permis d’organiser cet atelier après les formations pour les organisations de la société civile sur les techniques de plaidoyer qui ont eu lieu à Nouakchott en janvier 2011, à Kaédi en janvier 2011, à Kiffa en novembre 2011 et à Nouadhibou en décembre 2011. Cette activité était prévue pour 25 participants et a finalement rassemblé 41 participants (dont 35 femmes). En effet, il a semblé judicieux de ne pas limiter le public de cet atelier aux représentantes des associations de la capitale mais de permettre à certaines participantes des formations sur les techniques de plaidoyer ayant eu lieu dans les provinces, d’y participer (participantes en provenance de l’Assaba, Gorgol et Dakhlett Nouadhibou).

AFCF a organisé un débat au sein de la société civile en vue d’un plaidoyer à Kiffa, le 4 février 2012. Ce débat, qui s’est déroulé au Centre El Khair, a rassemblé 28 participants. L’animation du débat a été confiée au consultant M. Oumar Mamadou Ball. Ce débat a permis  d’aborder notamment les principes de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, les Conventions internationales concernant les droits des femmes et particulièrement la CEDEF, les avancées réalisées par la Mauritanie en matière de reconnaissance des droits des femmes, les lacunes de la législation actuelle et les réserves émises par la Mauritanie sur la CEDEF. Un débat du même type a été réalisé à Nouakchott, le 10 mars 2012, avec 26 participants. Il a été animé par Maître Mine Ould Abdoullah, avocat et professeur de Droit a permis de dresser un état des lieux des droits de la femme en Mauritanie et d’échanger autour des questions relatives à leur mise en œuvre.

AFCF a réalisé un atelier pour les organisations de la société civile sur l’adoption d’un projet de loi criminalisant les violences faites aux femmes au Centre africain de Conférence, à Nouakchott du 3 au 5 septembre 2012,  animé par Maître Mine Ould Abdoullah. 26 participantes et participants ont suivi cet atelier. L’objectif général de cet atelier était de contribuer à la mise en place d’un dispositif réglementaire de lutte contre les violences faites aux femmes. Plus spécifiquement, il s’agissait de définir les caractéristiques des principales formes de violences dont les femmes sont victimes en Mauritanie, d’analyser les différentes réponses apportées aux violences faites aux femmes dans le contexte mauritanien actuel, de réactualiser l’avant-projet de loi criminalisant les violences faites aux femmes en Mauritanie, de le confronter aux autres avant-projets de lois élaborés par d’autres structures, d’effectuer une synthèse des dispositions à retenir et d’émettre des propositions pour aboutir à l’adoption d’un projet de loi.

AFCF a mis en œuvre trois ateliers pour les magistrats, avocats et policiers sur le fonctionnement des juridictions nationales. Le premier a eu lieu du 14 au 16 septembre 2012 à Kiffa et a réuni 35 participants. Le second a eu lieu du 19 au 21 septembre 2012 à Nouadhibou avec 35 participants et le troisième du 23 au 25 septembre 2012 à Nouakchott avec 47 participants.

Ces ateliers ont été animés par Maître Abdellahi Ould Ahmed Babou, avocat, qui est intervenu « en duo » avec des experts en rite malékite. La participation à ses sessions de formation a été importante, alors même que les professionnels de la justice n’étaient pas « mandatés » par leur administration centrale. Cela témoigne de l’intérêt que les magistrats et policiers, ou tout au moins certains d’entre eux, éprouvent à l’heure actuelle pour la thématique des droits des femmes dont ils perçoivent qu’elle est une question qui tend à prendre de l’ampleur en Mauritanie. AFCF estime que de telles formations devraient être multipliées pour espérer une évolution d’un système institutionnel dont dépend en bonne partie l’amélioration effective du sort des femmes mauritaniennes. AFCF a également organisé un débat entre avocats et magistrats à Nouakchott, le 26 septembre 2012, qui a rassemblé participants.