Actions d’AMDH

Les activités d’AMDH

Dans le cadre du programme FAM, l’Association Mauritanienne des Droits de l’Homme est plus particulièrement chargée de la mise en place d’un centre d’écoute afin d’assurer un accompagnement juridique, judiciaire et social de femmes victimes de violations de leurs droits.

AMDH a procédé au recrutement du personnel concerné : une coordinatrice, un animateur, une assistante sociale, une comptable et un secrétaire, un avocat et un médecin. Le personnel du centre d’écoute a reçu une formation concernant l’élaboration d’outils de suivi et d’évaluation. Des instruments techniques ont ensuite été mis en place (fiches de suivi pour l’animateur et l’assistante sociale, plan de priorités pour le travail d’équipe, planification des réunions du staff, questionnaire pour l’accueil des femmes victimes, canevas de rapport d’activités, fiche de répartition du temps de travail et plan opérationnel). Le centre a commencé à fonctionner fin 2010 en raison de la nécessité d’aménager les locaux du siège d’AMDH pour garantir des zones de confidentialité. Un numéro vert a été demandé auprès d’un opérateur téléphonique mais n’a toujours pas été attribué. Les autorités étatiques et les associations de la société civile intervenant dans le domaine des droits des femmes ont été informées par courrier de l’existence du programme FAM et du centre d’écoute. Le centre a été officiellement inauguré le 31 janvier 2011 : des représentants d’institutions, d’associations de la société civile et de la presse ont été conviés à le visiter à cette occasion.

Afin de faire connaître le centre d’écoute, des séances de sensibilisation sont organisées par l’animateur. Ces séances permettent de présenter les objectifs du programme FAM et d’informer les femmes sur l’existence du centre d’écoute. Elles ont été l’occasion pour des femmes victimes de violations de leurs droits de faire connaître leur situation et, pour certaines d’entre elles, de bénéficier d’un suivi de leur cas par AMDH.

L’animateur du programme FAM se rend régulièrement dans divers quartiers de la capitale pour rencontrer des filles et des femmes et les informer sur leurs droits et de l’existence du centre d’écoute. Il se rend également auprès des bureaux des « cadis » (juges de paix) ou dans les centres de réfugiés pour y rencontrer des femmes victimes. Les thématiques abordées lors de ces actions de sensibilisation sont généralement relatives au mariage forcé ou précoce, aux violences sexuelles et aux droits que peuvent faire valoir les femmes abandonnées par leurs maris et ayant la charge des enfants. De nombreuses séances de sensibilisation ont été menées depuis janvier, elles ont permis de toucher au total 250 femmes et jeunes filles de janvier à septembre. Certaines sessions d’approfondissement ont également eu lieu au Centre d’écoute d’AMDH où ont été invités des groupes de femmes ou représentantes de groupements féminins préalablement contactés dans les quartiers.

De janvier à septembre 2011, 35 femmes victimes ont fait l’objet d’une prise en charge individualisée de leur cas par l’assistante sociale qui les a reçues en entretien et leur a proposé une orientation, une médiation dans le cadre familial ou un accompagnement, en fonction des atteintes dont elles étaient victimes. Il s’est agi de femmes victimes de viol, de violences conjugales, de mariage forcé, de conflits familiaux, d’abandon par leur mari les ayant laissées sans ressources avec leurs enfants, ou de femmes réfugiées totalement démunies. 7 d’entre elles ont été confiées à l’avocat recruté par AMDH dans le cadre du programme FAM pour des suites judiciaires. Les cas de ces femmes sont relatifs à des affaires de viol, de divorce-répudiation, d’abandon de famille, de violences conjugales et de mariage précoce.

Lors de la deuxième année du programme AMDH a réalisé des séances de sensibilisation au bénéfice de 568 femmes et a mis en place 23 nouvelles prises en charge individuelles. Pendant toute la durée du programme un total de 818 femmes ont participé à des séances de sensibilisation dans les quartiers de Nouakchott et 58 femmes ont bénéficié d’un soutien individualisé.

AMDH s’efforce également d’assurer une coordination des activités du centre d’écoute avec celles d’autres associations mauritaniennes agissant dans le même domaine.

AMDH a organisé un atelier sur « la résolution des conflits familiaux » à Rosso les 14, 15 et 16 Avril 2011. 26 femmes actrices de terrain (présidentes d’associations locales ou de coopératives) ont bénéficié de cette formation. La session a été ouverte par Mme Marieme Mint Baba, Coordinatrice régionale du Ministère des Affaires sociales de l’Enfant et de la Famille (MASEF).

Le formateur a abordé les thèmes suivants : définition, catégories et types de conflits, exemples de conflits et différentes étapes du conflit, spécificités des conflits familiaux (causes, conséquences, victimes primaires et secondaire), différentes méthodes de gestion de conflits familiaux, la médiation comme style de gestion des conflits familiaux, les étapes et les défis de la réconciliation, la médiation et le rôle de l’avocat et des centres d’écoute, la culture de la paix et les blocages possibles au dialogue. L’atelier s’est terminé par une évaluation des acquis individuels et du déroulement de l’atelier. AMDH considère que cet atelier a été réalisé de façon tout à fait satisfaisante et que l’objectif de formation des participantes aux techniques de gestion de conflits  familiaux a été atteint.

AMDH a également une formation sur la stratégie de gestion des conflits familiaux à Sélibaby et une à Bababé.
La formation à Sélibaby a eu lieu du 23 au 25 avril 2012, et a rassemblé 22 participantes et celle à Bababé du 27 au 29 avril, pour 23 participantes. Les deux sessions ont été animées par M. Malal Samba Guissé, consultant en développement communautaire, comme pour la formation réalisée à Rosso.

Une réflexion au sujet de « Actions d’AMDH »