Actions de SOS Esclaves

Les activités de SOS-Esclaves

Les activités de SOS-Esclaves dans le cadre du programme sont axées sur la vulgarisation des principes internationaux et nationaux garantissant les droits des femmes (par le biais de la conception, la traduction et la publication d’un recueil de textes juridiques et l’organisation de missions de vulgarisation dans différentes régions du pays).

SOS-Esclaves a, dans un premier temps, mis en place l’équipe d’exécution des activités du programme et a recruté la coordinatrice, le gestionnaire-comptable et le juriste consultant. La coordinatrice a élaboré le chronogramme des activités et le gestionnaire a travaillé sur les outils de suivi financier et l’exécution des dépenses préliminaires d’installation. Le juriste (avocat) a commencé la compilation des textes juridiques et a présenté une première version du recueil à la fin de l’année 2010. Sept séances de travail sur le recueil ont par la suite été organisées avec la coordinatrice du programme FAM et des membres de SOS-Esclaves. A chaque séance, le document était lu dans son intégralité et les amendements consignés pour être intégrés par le juriste consultant. Une version du recueil a également été transmise à AEDH qui a communiqué ses commentaires et suggestions à SOS-Esclaves. La version finale a été achevée courant mars 2011.

SOS-Esclaves s’est ensuite attelée à la question délicate des illustrations du recueil. En effet, ce document est conçu dans un objectif de vulgarisation et a une vocation pédagogique : il vise particulièrement un public féminin et rural largement analphabète. L’équipe de SOS-Esclaves a pris contact avec trois illustrateurs, testé leurs dessins et procédé à la comparaison de leur travail, avant d’établir son choix. Parallèlement, SOS-Esclaves a fait appel à des traducteurs pour effectuer la traduction du document en Pulaar,  Soninké, Arabe et Wolof. Au mois d’octobre 2011, une première série de recueils a été éditée.

Le travail mené par SOS-Esclaves autour de la rédaction du recueil juridique a pris plus d’ampleur que prévu initialement. Le document, disponible en Français, Arabe, Wolof, Soninké et Pulaar, a finalement compté quarante pages et une vingtaine d’illustrations sous forme d’images originales. De simple brochure, il est devenu un véritable opuscule.

2000 ouvrages ont été diffusés à l’occasion des 4 premières missions de vulgarisation, à raison d’environ 500 ouvrages par localité visitée (Boutilimit, Malé, Atar, R’kiz) et 2000 à l’occasion des 4 missions suivantes, toujours à raison d’environ 500 ouvrages par localité (Diaguily, Ould Yenge, Kiffa, Bassiknou). Environ 400 exemplaires (en Français et Arabe essentiellement) ont été distribué dans la capitale Nouakchott

SOS Esclaves a également organisé du 26 au 28 septembre 2011 une formation des « personnes relais », c’est-à-dire les femmes, principalement des membres de SOS Esclaves de Nouakchott ou d’autres régions, chargées d’animer les missions de sensibilisation en zones rurales prévues dans le cadre du programme  (à R’Kiz, Male, Ould Yenge, Kiffa, Bassiknou, Boutilimit, Diaguily et Atar). Durant cette formation, les 19 participantes ont pu se familiariser avec le recueil, qui servira de support aux missions, et renforcer leurs connaissances des textes internationaux relatifs aux droits des femmes. Les participantes ont également été formées aux techniques de communication, de manière à pouvoir transmettre leurs connaissances d’une manière efficace et adaptée au contexte lors des missions de vulgarisations.

SOS-Esclaves a également organisé un atelier de formation des « femmes-relais » sur les droits de la femme et les techniques de communication du 12 au 14 janvier 2012, à Nouakchott, pour 20 participantes en provenance de la capitale Nouakchott (10) et des régions : Bassiknou, Diaguily, Ould Yenge, Malé  et Kiffa.

L’association a également réalisé une formation de renforcement des capacités dans le domaine juridique des femmes-relais du 22 au 24 septembre 2012 à Nouakchott. Elle a bénéficié à 29 militantes de SOS-Esclaves, dont 14 en provenance des différentes régions de Mauritanie et 15 résidant dans la capitale. Mme Oumoul Khayri Ba Tall, juriste, a animé cette formation.

L’association SOS-Esclaves a réalisé 8 Missions de vulgarisation sur les droits des femmes à R’kiz, Malé, Ould Yenge, Kiffa, Bassiknou, Boutilimit, Diaguily et Atar

Boutilimit : du 9 au 10 novembre. Environ 50 femmes ont pris part aux réunions de sensibilisation et ont reçu un recueil des textes juridiques sur les droits des femmes. Des exemplaires du recueil ont également été remis aux autorités administratives et communales. Il est à noter que cette première mission a bénéficié du soutien du maire de Boutilimit, qui a mis à disposition  de SOS-Esclaves la salle de réunion de sa commune. A l’issue de cette mission, des instructions ont été données aux deux « femmes-relais » de la commune ayant bénéficié de la formation de SOS-Esclaves en septembre 2011, pour poursuivre les actions de vulgarisation. Des rencontres avec les femmes de la localité dans les lieux qu’elles fréquentent (marché aux poissons, établissements scolaires…) et des distributions d’exemplaires du recueil juridique aux enseignants, aux coopératives féminines et aux représentants d’autres associations de la société civile ont été prévues.

•  Malé : du 16 au 18 novembre 2011. Malé, située dans le Brakna, est l’une des bourgades les plus peuplées de la wilaya. Les autorités administratives de la capitale régionale Aleg, située à 80 km, avaient été préalablement informées du déplacement de l’équipe de SOS-Esclaves et une visite de courtoisie a été rendue sur place aux autorités d’arrondissement. Les séances de vulgarisation ont eu lieu dans deux écoles et au collège de Malé ainsi qu’en soirée en présence de plusieurs dizaines de femmes de la ville. Des rencontres ont également été organisées dans deux localités proches de Malé : El Jadida et le barrage de Tertouguel.

Atar : du 23 au 25 novembre 2011. Après les visites habituelles aux autorités administratives locales (wali et hakem d’Atar), la mission s’est rendue successivement au Collège des jeunes filles puis au lycée d’Atar et à l’école n°1 de la ville. Les échanges avec les professeurs et les responsables des établissements ont été riches et accompagnés de la remise d’exemplaires du recueil juridique. Une rencontre de sensibilisation a été organisée au siège local de SOS-Esclaves. Elle a réuni plus d’une centaine de femmes, en présence de la responsable régionale du Ministère de l’Action Sociale de l’Enfant et de la Famille(MASEF) et de l’adjointe au maire d’Atar. Au cours cette rencontre, la coordinatrice du projet FAM a particulièrement insisté sur l’importance de l’obtention des pièces d’état civil (actes de naissance, certificats de mariage…) tant pour la femme que pour ses enfants.

R’kiz : du 30 novembre au 2 décembre 2011. Après les habituelles visites aux autorités de la Moughataa, une rencontre a été  réalisée dans une école de la ville et au  lycée de R’kiz. Dans la soirée du 1er décembre, une réunion a été organisée dont l’affluence a été particulièrement impressionnante : plusieurs centaines de femmes y ont pris part. Un grand nombre d’exemplaires du recueil des textes juridiques a été distribué à cette occasion. De nombreuses femmes de l’assistance ont pris la parole, posé des questions et témoigné de leurs difficultés. Une autre réunion a également été organisée le lendemain dans la localité de Teychtayatt (à une vingtaine de kilomètres à l’ouest de R’kiz) et a rassemblé un groupe de plusieurs dizaines de femmes.

Diaguily : du 22 au 25 avril 2012. La mission à Diaguily et celle à Ould Yenge ont été réalisées successivement, sans retour à Nouakchott entre les deux missions. L’équipe de SOS-Esclaves était donc constituée des mêmes personnes pour les deux missions. Après les incontournables visites aux autorités locales, les représentants en mission ont rendu visite aux établissements scolaires locaux et ont organisé un important « meeting populaire », sur la place du marché, auquel ont participé une centaine de femmes de Diaguily, une dizaine de jeunes, des enseignants des établissements scolaires visités et quelques notables du village. Environ 300 exemplaires du recueil juridique (en Arabe, Français, Soninké et Pulaar) ont été distribués sur place, dont une cinquantaine à des femmes venues des villages avoisinants pour participer à cette rencontre. 200 autres exemplaires ont été remis aux deux « femmes-relais » de Diaguily pour poursuivre la distribution après le départ de la mission.

Ould Yenge : du 26 au 29 avril 2012. Après les visites de courtoisie aux autorités locales (hakem de la Moughataa, Inspecteur départemental de l’Education Nationale et mairie), un « meeting populaire » a été organisé en fin de soirée. Cette rencontre a bénéficié de la présence de Mme le maire de Ould Yenge qui a insisté sur l’importance de la mission de SOS-Esclaves. Elle a appuyé l’initiative de vulgarisation des textes de loi relatifs aux droits de la femme en rappelant que ces principes restaient mal connus de la plupart des femmes de sa localité qui demeure très isolée. Elle a enjoint aux femmes présentes d’être des porte-paroles du message véhiculé par l’association qu’elle a assurée de son appui personnel. Lors de ce meeting, l’équipe de SOS-Esclaves a pu noter la présence de plusieurs présidentes d’Unions de femmes de la région ainsi que de nombreux enseignants et des jeunes. 200 exemplaires du recueil ont été distribués lors du meeting et 250 autres ont été remis aux « femmes-relais » pour distribution par la suite. L’équipe en mission s’est ensuite arrêtée dans le village de Boully où une rencontre a été organisée avec le maire de la commune et les femmes-relais de la localité auxquelles 50 exemplaires supplémentaires du recueil ont été remis. Une étape a par ailleurs été faite au retour à Sélibabi qui a permis de rencontrer l’équipe d’animation de la radio rurale de cette localité. Celle-ci diffuse des émissions éducatives d’information sur des thématiques intéressant les femmes. L’équipe de SOS-Esclaves a remis aux journalistes un jeu du recueil en Soninké, Pulaar, Arabe et Français afin qu’ils les utilisent dans les émissions de sensibilisation au respect des droits des femmes.

Kiffa : du 13 au 16 mai 2012. L’équipe de SOS-Esclaves en mission a rencontré le wali, le hakem, le maire et la responsable régionale du ministère du MASEF auxquels des exemplaires du recueil juridique ont été remis. Les contacts avec les autorités, comme avec la population, ont été facilités par la présence du représentant de SOS-Esclaves à Guérou. La rencontre proposée à la population a rassemblé une cinquantaine de femmes et une dizaine d’hommes, qui ont reçu des exemplaires du recueil et ont pu échanger et débattre avec les cinq membres de SOS-Esclaves participants à la mission. Les exemplaires restants du recueil ont été remis aux femmes-relais.

Bassiknou : du 17 au 20 mai 2012. Après les visites de présentation et d’explication aux autorités administratives, municipales et de sécurité de l’endroit, l’équipe en mission a organisé une rencontre de sensibilisation de la population. Une distribution d’exemplaires du recueil a été effectuée et des échanges sur des sujets relatifs aux droits de l’Homme en général, et ceux de la femme en particulier, ont été engagés avec les personnes présentes. La mission note néanmoins que la participation a été plus faible que dans les autres localités. Elle l’attribue au fait que cette région est encore fortement imprégnée de préjugés traditionnels. La femme, et qui plus est la femme soumise à un statut d’esclave, est considérée comme inférieure par nature à l’homme et comme devant se soumettre et accepter sa condition. Une centaine de recueils a néanmoins été distribuée (aux participants à la rencontre, aux autorités administratives, communales, à l’inspection de l’Education Nationale et à divers responsables de coopératives). 300 recueils ont été laissés aux femmes-relais et au représentant de SOS-Esclaves à Bassiknou pour distribution ultérieure dans le cadre de la poursuite des activités de sensibilisation et de vulgarisation. Sur le chemin du retour, l’équipe a fait étape dans la ville de Nema où la mission a pu rencontrer une vingtaine de femmes au siège local de SOS-Esclaves, auxquelles 60 exemplaires du recueil ont été distribués. 10 exemplaires ont également été remis aux autorités municipales.

D’autre part, dans le cadre de la ligne budgétaire prévue dans le programme FAM pour la formation en gestion associative des membres des associations partenaires, Mme Aïcha Fall, coordinatrice du programme au sein de SOS-Esclaves, a suivi une formation en « gestion de projets » organisée par l’institut Bioforce au Burkina Faso (à Bobo Dioulasso du 2 au 8 mai 2011).