Plaidoyer

Supports de communication et de visibilité

AEDH s’est investie dans la création des supports de communication du programme FAM en élaborant, avec un graphiste professionnel et en concertation avec les partenaires de terrain, un logo pour le programme et des stickers promotionnels.

AEDH a également conçu et produit des dépliants de présentation du programme FAM (triptyques en quadrichromie) qui ont été par la suite traduits en arabe en Mauritanie.

   → Dépliant de présentation du Programme FAM

   → Recto dépliant FAM en arabe          → Verso dépliant FAM en arabe

   → Affiche FAM

AFCF a élaboré et fait imprimer des affiches sur le programme FAM. L’association a également produit des blocs personnalisés et des calendriers qui ont été notamment distribués à l’occasion de la journée de présentation officielle du programme à Nouakchott le 1er février 2011.

AEDH a également recherché un professionnel pouvant mener à bien le projet de reportage photographique prévu dans le cadre du programme FAM. L’objectif de cette action est double : que les photographies traduisent effectivement les réalités de terrain en Mauritanie et que les images puissent servir d’outils de sensibilisation pour les associations.

Le but recherché était donc de ne pas limiter ce projet à un reportage photographique des activités réalisées dans le cadre du programme mais de chercher à produire un « témoignage visuel » sur la situation des femmes mauritaniennes.

Le choix s’est porté sur l’agence « En Haut », fondée par des photographes français vivant en Mauritanie. L’intervention de celle-ci s’articule autour de trois axes. Tout d’abord la réalisation d’un reportage documentaire, l’équipe de « En Haut » étant intégrée aux activités menées par les associations mauritaniennes sur le terrain. Les images réalisées pourront être utilisées dans un but de sensibilisation et de plaidoyer. Ensuite, la constitution d’une photothèque numérique destinée à la communication des associations partenaires du programme. Enfin, la réalisation d’une exposition photographique (tirages contrecollés et pelliculés sur support rigide et facilement transportables). La sélection des images pour l’exposition sera réalisée en concertation avec AEDH et les responsables du programme au sein des trois associations AFCF, AMDH et SOS-Esclaves.
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Promotion des partenaires du programme

AEDH  s’efforce de soutenir ses partenaires mauritaniens.

AEDH a soutenu la candidature de SOS-Esclaves au Prix des droits de l’Homme de la République française et a participé à la cérémonie de remise de ce Prix à son partenaire en décembre à Paris.

Le président de SOS-Esclaves, Boubacar Messaoud, a été accueilli par AEDH à Lyon début décembre 2010 : dans le cadre de cette visite, plusieurs contacts ont été organisés et une interview a été réalisée et publiée dans le bulletin trimestriel d’AEDH.

 Soutien et protection des défenseurs des droits de l’Homme

AEDH a mis en place une veille constante sur la situation des droits de l’Homme en Mauritanie et est intervenue à plusieurs reprises en faveur de ses partenaires et défenseurs des droits de l’Homme en difficulté.

Biram Ould Abeid, président de l’association mauritanienne IRA (l’Initiative de Résurgence du mouvement Abolitionniste) et membre de SOS-Esclaves, a été arrêté et placé en garde à vue avec huit autres militants des droits de l’Homme à l’occasion d’une enquête qu’ils effectuaient sur un cas présumé d’esclavage de deux fillette de 9 et 13 ans. Celles-ci étaient contraintes par leur « maîtresse», Mme Moulimnine Mint Boubakar Fall, cadre à la Banque centrale de Mauritanie, de travailler comme domestiques dans des conditions indignes. Biram Ould Abeid et deux autres militants ont été condamnés à un an de prison dont six mois fermes, le 6 janvier 2011, suite à des échauffourées avec la police. AEDH a adressé trois courriers de protestation aux autorités mauritaniennes concernant cette affaire (16 décembre 2010, 31 décembre 2010 et 11 janvier 2011). Le président et la directrice d’AEDH ont obtenu, après un entretien avec le Ministre mauritanien de la Justice, l’autorisation de rendre visite en prison à Biram Ould Abeid et à ses codétenus le 2 février. Une retranscription de l’entretien avec Biram a été réalisée à l’issue de la rencontre et largement diffusée auprès de diverses ONG internationales. La directrice d’AEDH a également obtenu un rendez-vous avec le représentant du Bureau des droits de l’Homme de l’ONU à Nouakchott (3 février 2011). Biram et ses compagnons détenus ont été libérés le 15 février suite à une grâce présidentielle.

AEDH est intervenue également suite aux très fortes menaces qui ont pesé en janvier 2011 sur Mme Aminettou Mint Moctar, présidente d’AFCF, dont l’association avait décidé de prendre en charge la défense judiciaire des deux fillettes de 9 et 13 ans soumises à l’esclavage. La plainte déposée par AFCF a débouché sur l’arrestation, le 16 janvier 2011, de Madame Oumoulimnine Mint Bakar et à sa condamnation, pour exploitation de mineurs, à six mois de prison ferme et à celle des mères des fillettes à six mois de prison avec sursis. Depuis lors, Aminettou Mint Moctar a fait l’objet de menaces de mort, notamment sous la forme d’appels téléphoniques anonymes. AEDH a alerté l’Observatoire des Défenseurs des Droits de l’Homme qui a diffusé un appel urgent au niveau international. AEDH s’est également adressée aux plus hautes autorités de l’Etat mauritanien, le 20 janvier 2011, pour dénoncer les menaces pesant sur Mme Moctar. Quelques jours plus tard, celle-ci a reçu la visite du Secrétaire aux droits de l’Homme du gouvernement mauritanien qui lui a indiqué que le Président de la République en personne avait exigé que sa protection soit garantie. De fait, les menaces et filatures ont cessé.

Par ailleurs, AEDH a soutenu le « sit-in » et la grève de la faim menés à partir du 23 mars 2011 par Biram Ould Abeid, Boubacar Messaoud et Aminettou Mint Moctar, pour dénoncer une nouvelle affaire concernant trois fillettes victimes d’esclavage domestique : Houeyja (14 ans), Meima (13 ans) et Salka (11 ans), dans le quartier d’Arafat en périphérie de Nouakchott. Suite à cette mobilisation, le Procureur de la République a inculpé de crime d’esclavage, le 27 mars 2011, les trois « maîtresses » des fillettes et a ordonné qu’elles soient écrouées à la prison civile de Nouakchott.

AEDH s’est également mobilisée contre la répression violente qui vise le mouvement « Touche pas à ma nationalité ». Ce mouvement dénonce notamment les pratiques discriminatoires à l’égard des populations noires observées dans le cadre de l’actuel recensement. Des manifestations ont été organisées dans différentes villes du pays dont Bogué, Bababé, Kaédi, Maghama et Nouakchott. Les 24 et 25 septembre 2011, de violents affrontements ont eu lieu à Kaédi entre manifestants et forces de l’ordre, causant au moins cinq blessés graves. A Maghama, lors de manifestations les 26 et 27 septembre, les gendarmes ont ouvert le feu sur les manifestants, causant la mort d’un jeune homme de 19 ans, Lamine Mangane et une dizaine de blessés. Les autorités ont également procédé à des arrestations et détentions arbitraires. AEDH a interpellé  les autorités mauritaniennes en les exhortant à mettre un terme à la répression brutale du mouvement et à ouvrir une enquête sur la mort du jeune Lamine Mangane.

AEDH est également intervenu  auprès du Président de la République mauritanienne pour lui faire part des préoccupations de l’ONG face à la prolongation de la détention de Mohamed Lemine Ould Dadde, ancien Commissaire aux Droits de l’Homme, à l’action humanitaire et à la société civile, dont le délai légal de détention préventive était arrivé à terme. Le 4 novembre 2011,  AEDH a diffusé un communiqué de presse conjoint avec la FIDH (Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme), AMDH et SOS-Esclaves intitulé : « Mauritanie : détention arbitraire de Mohamed Lemine Ould Dadde symptomatique de l’instrumentalisation de la justice ». M. Lemine Ould Dadde n’a été finalement libéré qu’en fin d’année 2012.
Le 20 décembre 2011 :AEDH est intervenue auprès des autorités mauritaniennes, à la demande du partenaire AMDH, suite à l’arrestation du jeune Abass Kane, originaire de Bogadine, localité proche de Kaédi, qui avait protesté contre le refus de l’agent de recensement de le laisser assister au recensement de son père, âgé et non-voyant. Abass Kane a été libéré le 23 décembre.
Le 27 février 2012 AEDH a cosigné un communiqué de presse avec l’Association des femmes chefs de famille (AFCF), l’Association Mauritanienne des Droits de l’Homme (AMDH), SOS-Esclaves, l’Organisation Mondiale Contre la Torture (OMCT), l’Union Interafricaine des Droits de l’Homme (UIDH), la Fédération Internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et Amnesty International pour réclamer la libération de six étudiants mauritaniens qui risquaient la peine de mort et les travaux forcés.
Le 4 juin 2012, AEDH a enjoint les autorités mauritaniennes de garantir l’intégrité physique et psychologique de M. Biram Ould Dah Ould Abeid, président de l’Initiative pour la Résurgence du Mouvement Abolitionniste en Mauritanie (IRA), et de plusieurs  sympathisants ou membres de l’IRA détenus depuis le 29 avril 2012.

Projet de loi sur les violences faites aux femmes

AMDH a rédigé document présentant une proposition de loi sur les violences faites aux femmes.

Plaidoyer au niveau international : mission en Europe des partenaires mauritaniens

Aicha Fall (coordinatrice du programme FAM au sein de SOS-Esclaves) et Salimata Sy (coordinatrice du programme FAM au sein d’AFC) ont réalisé une mission de plaidoyer en Europe (Paris, Lyon, Bruxelles, Genève) du 20 mars au 05 avril 2012.

L’agenda de la mission a été particulièrement dense. Mme Sy et Fall ont rencontré 18 représentants d’institutions politiques (à Lyon, Paris, Bruxelles et Genève) ; 15 représentants ONG ou d’associations nationales, ont animé ou ont participé à 5 évènements publics et à 3 émissions de radio. Les échanges qui ont eu lieu dans ce cadre ont été nombreux, variés et riches. La question de la persistance de formes d’esclavage en Mauritanie a été plusieurs fois au centre des discussions. Les représentantes mauritaniennes se sont livrées à un réel travail d’information et de plaidoyer en s’efforçant d’adapter leur discours au degré de connaissance de la situation en Mauritanie que possédaient les personnes rencontrées.
Dickel Fofana (coordinatrice du programme FAM au sein d’AMDH) a réalisé une mission de plaidoyer en France (Lyon, Paris), du 21 au 27 mai 2012 dans le cadre de laquelle elle a rencontré une huitaine d’ONG internationales et d’associations nationales de défense et promotion des droits des femmes.