Les activités prévues

Le projet FAM s’articule autour de trois axes principaux de travail :

1. le renforcement des capacités des associations locales en matière de droits des femmes;

2. la promotion de la reconnaissance des droits des femmes mauritaniennes;

3. le soutien aux défenseurs des droits humains et acteurs de la société civile.

Axe 1 : Renforcement des capacités des associations locales de défense des droits humains en matière de mobilisation sur les droits des femmes

 1.1 Renforcement opérationnel et stratégique :

  • AFCF

– AFCF organisera quatre séminaires de formation sur les techniques de plaidoyer, destinés à des membres d’organisations de la société civile qui mènent des actions en rapport avec la promotion et la défense des droits de la femme. Ces quatre formations dureront chacune cinq jours. Elles auront lieu à Nouakchott, Kaédi, Nouadhibou, Kiffa.

– AFCF organisera également un atelier pour la mise en place d’une stratégie de plaidoyer spécifique concernant la Convention sur l’Élimination de toutes les formes de Discrimination à l’Égard des Femmes (CEDEF). Cet atelier se déroulera à Nouakchott et regroupera 25 personnes représentantes des organisations de la société civile œuvrant dans le domaine du droit des femmes, pendant une durée de trois jours.

  • AMDH

AMDH organisera trois sessions de formation sur les stratégies de résolution des conflits familiaux qui auront lieu à Sélibaby dans la région de Guidimakha, à Rosso dans la région de Trarza et à Bababé dans la région de Brakna. Chacune de ces formations  aura une durée de 3 jours et accueillera  20 participantes. Les femmes et les jeunes filles bénéficiaires de ces formations sur la gestion des conflits familiaux seront des militantes de la cause des femmes ou des femmes impliquées dans des mouvements sociaux.

  • SOS Esclaves

SOS Esclaves assurera le recueil, la traduction en Arabe, Pulaar, Soninké, Wolof et la présentation sous une forme simplifiée de textes internationaux et nationaux pertinents relatifs aux droits des femmes. 7000 recueils seront publiés à raison de 1000 exemplaire pour la capitale et 500 exemplaires pour chacune des 12 régions mauritaniennes. Ces recueils seront illustrés de dessins et/ou photos pour en rendre le contenu plus accessible à la population. Ils auront une vocation de vulgarisation et de supports pédagogiques.

1.2 Renforcement structurel :

AEDH appuiera le renforcement des structures associatives locales partenaires en proposant des formations destinées à améliorer les capacités d’organisation interne, en fonction des besoins spécifiques de chacune, et en mobilisant des moyens pour garantir une gestion véritablement concertée du programme.

AEDH constituera avec les trois associations partenaires mauritaniennes un Comité de pilotage du programme afin d’en assurer une gestion véritablement concertée. Six missions seront réalisées en Mauritanie par les représentants d’AEDH.

Axe 2 : Promotion de la reconnaissance des droits des femmes par le biais d’actions d’information, sensibilisation, formation, plaidoyer, défense et accompagnement des femmes victimes

  •  AFCF

– information/sensibilisation par le biais de campagnes :

AFCF organisera trois campagnes d’information et de sensibilisation sur les atteintes les plus graves faites aux droits des femmes. Ces campagnes seront réalisées dans les capitales de trois Wilayas importantes : Kaédi, capitale du Gorgol, Kiffa, capitale d’Assaba, et Nouadhibou capitale dela Wilaya de Dakhlet.

– discussions/débats au sein de la société civile :

AFCF organisera également cinq débats au sein de la société civile. Deux se tiendront à Nouakchott et les trois autres dans les villes de Nouadhibou, Kaédi et Kiffa. Ces débats seront notamment centrés sur la question du positionnement de la Mauritanie à l’égard des principes contenus dans la CEDEF. Ils auront particulièrement pour but de créer des conditions favorables à l’accueil du plaidoyer.

– sensibilisation/formations à destination des professionnels :

AFCF organisera une journée de débat à Nouakchott entre avocats, magistrats, membres des syndicats de police et quelques représentants d’associations locales qui abordera notamment les thèmes des violences dont les femmes mauritaniennes sont victimes au quotidien et l’opportunité de faire adopter un projet de loi criminalisant les violences faites aux femmes.

AFCF proposera également deux sessions de formation à Nouakchott et à Nouadhibou pour des policiers, magistrats et avocats sur les Conventions internationales ratifiées parla Mauritanie et particulièrement celles en relation avec la protection des droits des femmes.

– AFCF organisera à Nouakchott un atelier visant à l’élaboration d’un projet de loi criminalisant les violences à l’égard des femmes qui réunira 25 membres d’associations locales pendant une durée de trois jours et aura pour but la rédaction d’un avant-projet de loi criminalisant les violences faites aux femmes.

– AFCF mettra en place trois ateliers sur le thème de l’amélioration du fonctionnement des juridictions nationales destinés aux avocats, magistrats, oulémas et quelques représentants des ONG de droits humains qui se dérouleront à Nouakchott, Kaédi et Nouadhibou et aborderont notamment la question de la mise en conformité des lois mauritaniennes avec les Conventions internationales ratifiées dans le respect des principes religieux malékites.

  • AMDH

AMDH assurera un accompagnement juridique, judiciaire, social et humanitaire pour des femmes victimes d’atteintes graves à leurs droits. Cet accompagnement sera assuré par une équipe pluridisciplinaire regroupée au sein d’un « centre d’écoute pour les femmes victimes » » qui sera créé à Nouakchott. Cette équipe comprendra une coordinatrice du projet, une assistante sociale, un animateur, un médecin psychologue, un avocat. Il est prévu que cent femmes puissent bénéficier chaque année des services de ce centre.

  • SOS Esclaves 

– missions de « vulgarisation » en milieu rural :

SOS Esclaves organisera dans plusieurs régions de la Mauritanie huit missions de sensibilisation/vulgarisation sur les droits des femmes et la lutte contre toutes les formes de discrimination et particulièrement celles touchant les populations sujettes aux formes persistantes de l’esclavage. Ces séances de sensibilisation auront lieu en plein air, sur les places de village ou autres lieux de regroupement de la population et seront basées sur une pédagogie adaptée à l’environnement local ayant recours notamment au théâtre, aux jeux de rôles, aux mises en situation et aux échanges interactifs avec les participants. Elles seront également l’occasion de distribuer des exemplaires des recueils de textes sur les droits fondamentaux des femmes publiés par SOS Esclaves. Ces  missions auront lieu à :  R’Kiz (province de Trarza), Male (province de Brakna), aux environs d’Ould Yenge (province de Guidimakha), aux environs de Kiffa (province d’Assaba), peuplés majoritairement d’éleveurs et d’agriculteurs, à Bassiknou (province de Hodh Chargui), à Boutilimit (province de Trarza), à Diaguily (province de Guidimakha), aux alentours d’Atar (province de l’Adra).

– « appui-conseil » :

Par ailleurs, SOS Esclaves assurera un « appui-conseil » aux femmes victimes ou menacées par les formes récurrentes d’esclavage en Mauritanie. Cet appui-conseil sera assuré par un juriste engagé à mi-temps par l’association SOS Esclaves.

  • AFCF, AMDH et SOS Esclaves

Les trois associations partenaires du programme collaboreront dans la mise en place d’actions de plaidoyer en direction des autorités publiques pour garantir le respect effectif des droits des femmes et la révision des textes législatifs en vigueur qui leur sont défavorables. Ce plaidoyer insistera particulièrement sur la nécessité pour le gouvernement et l’institution judiciaire d’accorder une réelle attention aux cas des femmes victimes de violences.

 

Axe 3 : Soutien aux défenseurs des droits humains et acteurs de la société civile par le biais de la diffusion d’informations, d’actions de plaidoyer au niveau international et de mise en oeuvre de mécanismes d’alerte et de protection

3.1 Diffusion d’informations :

– Les associations mauritaniennes partenaires transmettront des informations émanant du terrain qui seront traitées, capitalisées et diffusées par AEDH.

– Un reportage photographique sera réalisé sur la situation des femmes mauritaniennes et les activités menées par les associations partenaires dans le cadre du programme F.A.M. Sa réalisation sera confiée à un professionnel. Il aura une vocation de témoignage en images du sort des femmes en Mauritanie et des expériences développées dans le cadre du programme centré sur les activités de sensibilisation aux droits des femmes, d’assistance et de plaidoyer.

– Des objets « promotionnels », tels que des autocollants, seront réalisés pour concourir à la visibilité du programme F.A.M et communiquer sur ses objectifs.

– Une conférence finale sera organisée à Nouakchott à l’issue du programme. Elle sera l’occasion de rendre compte des activités réalisées à la population mauritanienne, aux médias et aux autorités, d’effectuer un bilan des réalisations obtenues et d’exprimer publiquement leurs recommandations pour garantir un meilleur respect des droits fondamentaux des femmes mauritaniennes.

3.2 Actions de plaidoyer au niveau international :

AEDH organisera une mission de quinze jours en Europe pour un représentant de chaque association locale partenaire du programme : AFCF, AMDH et SOS Esclaves. Cette mission aura pour but de favoriser un contact direct entre militants mauritaniens et représentants d’ONG, d’OIG et d’États afin de développer des actions de lobbying et de plaidoyer en faveur du respect des droits humains en Mauritanie et particulièrement des droits des femmes.

3.3 Mise en œuvre de mécanismes d’alerte et de protection :

AEDH assurera une veille constante des conditions de travail et de sécurité des défenseurs des droits de l’Homme en Mauritanie et déclenchera en cas de besoin des mécanismes d’alerte et de protection en intervenant auprès des autorités mauritaniennes ou internationales pertinentes et en alertant au besoin l’opinion publique et les médias. En cas de danger particulièrement caractérisé, AEDH pourra mettre en œuvre son « Fonds d’urgence pour les défenseurs des droits de l’Homme en danger ». AEDH a créé ce fonds en 1999 qui lui permet d’intervenir financièrement et techniquement, dans les plus brefs délais, en cas d’atteinte à la sécurité d’un défenseur des droits humains afin de mettre à la disposition de la personne en danger ou en détresse les moyens nécessaires à sa protection ou à sa défense.